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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 15:10

Number One de ma première semaine de vacances : Les Travailleurs de la mer de Victor Hugo. Plongez dans la Manche et savourez l'île de Guernesey. Une histoire d'amour sur fond marin, l'essor de l'industrialisation avec le premier bateau à vapeur qui fait la liaison Guernesey-St Malo, et son naufrage, le sauvetage de la machine par un genre de héros aux super pouvoirs bien humains, la mise en abîme de l'humain et son attrait du pouvoir. Hugo exilé raconte la nature sauvage de cette île, comme son héros, solitaire mais endurci. Du bonheur de lire : le Hugo que je préfère est celui-ci, peintre et poète à la fois, la main du maître en 600 pages.


A (re)lire aussi : 1984 de George Orwell. Je n'avais pas remis le nez dedans depuis mes études universitaires. Un livre difficile : Orwell s'inspire des dictatures du Xxème siècle, nazie et communiste. ''Big Brother is watching you'' : c'est lui. Description des vies volées dans les régimes totalitaires, où l'amour même est un crime. La liberté de penser elle-même s'est évaporée. Des moments durs de torture, mais la vie se trouve aussi là. Et un questionnement renaît : nos sociétés modernes ne sont-elles pas, insidieusement, de la même trempe ?


Pour se détendre, j'ai poursuivi avec L'Alchimiste de Paulo Coelho, récit aisé, agréable, une plume simple, mais un petit texte qui vaut la peine d'être parcouru : ne sommes-nous pas tous un peu alchimistes ? N'avons-nous pas, au creux de nos mains, les moyens de transformer nos peurs en courage, nos échecs et persévérance, nos peines en exercices de courage ? Petite lecture qui rappelle que notre Destin est là, devant nous, et qu'il nous revient d'écouter les murmures de notre coeur pour suivre le chemin qui nous semble le nôtre.


Et puis, Petit traité sur l'immensité du monde de Sylvain Tesson. Un peu déçue par le ton hautain de l'auteur qui oublie que chacun a son destin qui lui est propre. Apparemment, seul le voyageur solitaire qui part à la découverte du monde a compris l'essence de la vie. J'aimerais dire à l'auteur qu'il n'y a pas de recette au bonheur ! Chacun trouve les ingrédients qui lui sont propres, qui lui conviennent ! Des millions de chemins mènent à Rome.

Malgré cela, j'ai aimé la teneur du texte parce que je m'y retrouve, le goût de la solitude, des longues méditations, du calme de la nature, le regard hautement critique sur la nature humaine. Néanmoins, dur dur de passer après Victor Hugo ! La plume de Tesson paraît si pauvre, dénuée de style et de profondeur. N'est pas un maître qui veut, évidemment...!

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 15:22

 

Recueil de trois nouvelles publié en 1908, ce petit bijou est un cocktail détonant composé par Khalil Gibran, auteur d'origine libyenne installé très tôt à Boston. Résolument moderne, Gibran est dénonciateur, hérétique, socialiste, et considéré même comme un sage de par la dimension universelle et spirituelle de ses écrits.

 

 esprits-rebelles.jpg

 

 

Il faut lire ces courtes nouvelles aujourd'hui : elles restent un écho prédictif de la situation des femmes du monde arabe. Gibran y est ici le porte-parole du « sexe faible », dénonçant à la fois les traditions religieuses ou culturelles, le régime oppressif, l'infériorité de la femme et, de façon plus générale, un monde qui va mal. Apparemment pieux, la sagesse de Gibran dans ce texte est de porter haut et fort le message véritable de Dieu aux hommes : Il nous a crées libres dans le seul but d'être heureux. Celui qui ne suit pas la voie du bonheur, quelle que soit celle qui lui convient, trahit Dieu.

 

C'est ainsi que la belle Rose Hanie, épouse du riche Rachid Bey Namaan, le quitte pour vivre intensément avec celui qu'elle aime, et déclare : « J'étais une pécheresse aux yeux de Dieu et aux miens quand je mangeais son pain et lui offrais mon corps en retour de sa générosité. A présent je suis pure et propre parce que la loi de l'Amour m'a libérée et rendue respectable et fidèle. J'ai cessé de vendre mon corps pour un toit et mes jours pour des vêtements ». Plus loin, Rose Hanie, dénonçant l'hypocrisie qui règne dans chaque riche demeure du voisinage, prend cet « homme cupide et cossu » pour exemple : « il a une femme d'une beauté surnaturelle, tant de corps que d'âme, mais elle est, comme tant d'autres, la victime d'un mariage précoce. Son père a commis un crime en la donnant à un homme avant qu'elle n'ait atteint l'âge de raison, mettant sur son cou le joug d'un mariage vicié ». Les mots sont terribles mais pourtant le reflet d'une réalité affligeante. « C'est une terrible agonie qui a commencé avec l'existence de la faiblesse chez la femme et le début de la force chez l'homme. Cela ne s'achèvera pas tant que les jours de l'esclavage et de la supériorité du fort sur le faible ne seront pas abolis ». Rose Hanie conclut : « Voici mon histoire et ma façon de protester contre les cieux et contre la terre ; c'est ce que je chante et répète sans cesse tandis que les gens se bouchent les oreilles de peur qu'en m'entendant leurs esprits se révoltent et que les fondations de cette société tremblotante s'effondrent ».

 

Dans la nouvelle « Khalil l'hérétique » (drôle ce titre, n'est-ce pas ?), le narrateur, jeune moine expulsé du monastère parce qu'il dénonce le profit du clergé sur le peuple, un clergé bien éloigné des paroles sacrées et complice de l'Etat tyrannique, notre narrateur proclame la sainte parole et invite le peuple au soulèvement pour la conquête de sa liberté : « Les nations ignorantes arrêtent leurs hommes bons et les livrent à leurs despotes ; un pays gouverné par un tyran persécute ceux qui essaient de libérer le peuple du joug de l'esclavage ».

 

A vous de lire. L'argumentation est riche et solide, un formidable appel à la liberté et aux respects de chacun. Le narrateur interne de chaque nouvelle livre aussi ses propres réflexions, les questions qu'il pose à lui-même, comme une voix nous invitant à nous positionner par nous-même ; est-ce Gibran lui-même nous confiant ses propres doutes ?

Sûrement le plus grand féministe de son temps, ces récits résonnent comme un lumineux appel à la vie, telle qu'elle nous a été offerte : pour le bonheur.

 

Brûlés en autodafé dans le monde ottoman en 1910, les Esprits Rebelles sont une lecture nécessaire à cent ans d'Histoire arabe, des problématiques toujours au coeur des combats sociaux de cette partie du globe, et bien plus loin encore...

 

 

Esprits Rebelles, de Khalil Gibran, Editions Mille et une Nuits, 100 pages.

 

Du même auteur, à lire aussi :  Le Fou ; Le Jardin du prophète ; Le Précurseur ; Le Prophète ; Le Sable et l'Ecume ; Jésus, Fils de l'homme ; L'Errant ; La voix de l'éternelle sagesse.

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 22:50

 

Parfois, souvent - tout dépend des aléas de la vie - il nous arrive de douter, d'être triste, de souffrir. Pleurer et crier deviennent une nécessité. Parce que la vie est injuste, parce qu'on a tout fait pour que ça marche, et pourtant rien ne fonctionne comme on le souhaite. Parce qu'on est perdu, parce qu'on a peur, parce qu'on veut, on veut, on veut, on s'acharne,on voit le mur en face de nous mais on continue, on s'entête à foncer dedans, tant pis pour les débris de cervelle qui se répandront  sur le sol. Tant pis pour les éclaboussures, le sang, la violence imposée à ceux qui  observent le massacre.

 

D'autre fois, on se sent plus léger. Il suffit souvent d'un rien, un paysage apaisant, un sourire réconfortant, une discussion frivole, un échange inattendu. Le câlin de son enfant efface tout. La présence de l'être aimé comme rempart au monde extérieur. Dans ces moments-là, on éteint tout, télé, portable, réseaux sociaux : juste se sentir être dans ce moment d'apaisement. Oublier la  peine et la souffrance du monde qui hurle en s'écartelant dans ses entrailles, vociférant de sa voix tortueuse que la vie est une ordure parmi toutes les ordures. Oublier le SDF qui tend sa casquette jaune caca en bas de son immeuble - même que les pièces passent par les trous, le vieux qui crève dans son mouroir, les gamins qui bouffent leurs ongles en Angola, la guerre au Soudan, en Afghanistan, en Irak, en COrée, en Syrie, à Paname. Oublier qu'il n'y a plus de forêt amazonienne, plus de banquise, plus de plage (ouais, t'es pas au courant ? Le sable est en voie de disparition). Les abeilles se sont fait la malle. Les orang-outans aussi. Les tortues aussi. Les éléphants aussi. Les tigres blancs aussi.

 

Tu fais le bilan, et tu te dis : "Mais comment est-il possible que le pire et le meilleur vivent  côte à côte ? C'est quoi ce délire ? Il est où l'Eden promis ?" (Ils sont là-bas, les abeilles, les orang-outans, les tortues, les éléphants, les tigres blancs...)

 

J'ai réfléchis. Longuement. Je me suis posé des millions de fois cette question. J'ai réalisé que partout où il y a du bonheur, il y a aussi de la souffrance.
Tiens, regarde : rien que la femme qui donne la Vie. Crois-tu dans cet exercice de style scabreux où elle joue avec son corps, le périné tout en souplesse, tous les sens en alerte, les poings serrés, les mâchoires qui grincent, le souffle court, les larmes et la sueur se mariant en une seule coulée, crois-tu qu'elle jouisse ? Elle ne se plaint pas : elle sait le résultat. Quand de ses cuisses elle sent glisser cet être dégoulinant de son sang à elle, la tête, les épaules, le bassin, cet être tout violet et encore attaché par le cordon qui les unit, non, elle ne crie pas de plaisir, mais elle exulte. Elle souffre et crie victoire en même temps pour la revanche sur les démons et les sombres profondeurs du Destin.

 

Qu'est-ce que cela veut dire ? Il faut donc souffrir pour vivre ?

 

J'ai réfléchis encore. Longuement. On vient de le voir, la Vie commence dans la souffrance. Et  il en sera encore ainsi, pour les siècles des siècles. Alors : vivre, est-ce souffrir ? 

 

Alors oui, j'entends déjà des voix lointaines : il y a de ces souffrances qu'il faut combattre, offrir à chaque individu la possibilité d'une vie pas trop mal. Il y a des inégalités et des injustices insoutenables, blâmables, à reléguer au rang de vieux souvenirs.

 

Je pense à ces autres souffrances, celles auxquelles à peu près aucun être humain ne peut échapper : le deuil, la rupture amoureuse, l'humiliation, le sentiment d'échec, de culpabilité, la souffrance physique - maladie, blessure -, la souffrance d'autrui... Vit-il, celui qui ne souffre pas ? Si je souffre, n'est- ce pas justement parce que je vis ? Je suis humain, un humain fort simple et tout autant  complexe : je suis un être sensible ; mon âme, mon coeur, mon corps, sont sensibles. Alors je souffre. Ne dois-je pas me réjouir de souffrir ? Ne dois-je pas me réjouir d'être sensible et de souffrir alors ? Et celui qui ne souffre pas : vit-il, lui ? Ou s'est-il mis en mode survie ? Blindé d'une carapace resplendissante qui l'enferme dans un monde où lui seul déambule,  l'isolement n'est-il pas total ? Faut-il l'envier, celui-là qui s'éloigne de la Vie et de sa nature profonde d'être social ?

 

Si la Vie, le monde qui nous a vus naître, regroupent en eux-mêmes Joie et Souffrance, c'est probablement que ces deux là sont indissociables.

 

Longuement, j'ai réfléchis à l'Homme encore. Regarde-le : capable du pire, capable du meilleur. En l'homme, le meilleur et le pire cohabitent aussi. Des qualités et des défauts. On joue à pile ou face. Quelle facette de toi-même montreras-tu aujourd'hui ? Pour moins souffrir et moins faire souffrir, ne peux-tu pas décider de faire régner le meilleur, ne peux-tu pas cultiver tes qualités pour  qu'elles écrasent ta part d'ombre ? Tu vois, même l'Homme est à la fois bon et mauvais. Puisque l'Homme est devenu dominant sur Terre, pourquoi la Vie qu'il crée, qu'il dirige, qu'il exige, serait-elle différente de lui-même ? Lui qui peut être le plus cruel ou d'une bienveillance profonde,  pourquoi notre monde en serait-il différent ? Notre monde, nos sociétés, sont à notre image.

 

Enfin, comment saurions-nous apprécier un coucher de soleil, un moment de tendresse, une parole douce, si la souffrance n'existait pas ? Qui peut dire qu'il jouit d'un grand bonheur s'il n'a pas souffert avant ? Sans souffrance, aucune idée, aucune conscience de la sérénité, de la joie, de la paix intérieure.
J'ai idée que les gens heureux, paisibles et bienveillants, ne sont pas ceux qui ont été exemptés de souffrance : ce sont ceux qui ont souffert, et qui ont conscience de leur chance d'être en vie pour contempler un coucher de soleil, pour prendre une main dans la leur, pour amener l'enfant à reproduire ses premiers pas. Les gens heureux sourient à la Vie, et attendent les futures épreuves avec presque de l'impatience : elles seront un nouvel exercice de courage, un moyen de grandir encore. J'ai idée que les gens heureux ont pleine conscience que la Vie ne les épargnera pas, mais ils sourient, parce que leur Vie est sacrée : ils ont des millions de couchers de soleil  à contempler, des dizaines de mains à saisir et des corps meurtris à réconforter, des enfants auxquels il faut apprendre à marcher et à sourire à la Vie.

      C.C.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 10:08

Cent vies et des poussières de Gisèle Pineau

 


A la Guadeloupe, le lecteur suit la vie de Gina, mère de déjà sept enfants, enceinte du huitième, que son troisième enfant, Sharon, aimerait voir morte. Sept enfants, cinq père différent. A la Ravine Claire, c'est le ghetto, la guerre des gangs, de la drogue, la violence pour seul crédo. On s'en sort comme on peut. Il y a les allocations, les rêves perdus d'avance, les histoires d'amour déjà échouées, les bébés perdus avant de naître.

 

Au gré des croyances mystiques, des morts qui rôdent, des ancêtres esclaves morts pour la liberté, les enfants représentent la seule espérance. Quand faire des bébés est la seule façon d'exister, quand être mère est le seul devenir possible pour se sentir vivre et être, les grossesses se succèdent et font des ravages.

 

Un très beau livre sur les femmes, leurs émois, leurs tourments, dans un cadre spatio-temporel contemporain : la Guadeloupe d'aujourd'hui.

 

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 09:47

Marc Aurèle fut à la fois empereur de Rome, mais aussi philosophe stoïcien. marc-aurele.jpg

Cette philosophie me plaît grandement : elle considère que tout est lié, tous les êtres entre eux, quelle que soit leur nature ; tous les évènements entre eux, passés, présents, futurs. Rien n'est indépendant mais le moindre de nos actions, de nos propos, aura une incidence, des conséquences dont découleront d'autres faits. Les stoïciens considèrent encore - et par là ils se rapprochent un peu de la philosophie bouddhiste - que chaque être vivant est à la fois Tout et Rien : nous ne sommes pas grand-chose à l'échelle de la Vie, un grain de sable dans l'histoire de l'Humanité, et pourtant un maillon nécessaire, qui influe au quotidien sur autrui, au moyen des mots, des gestes, des attitudes.
La mort n'est pas grand-chose, d'abord parce que nous ne sommes pas grand-chose, ensuite parce que rien ne se perd : tout se transforme. La mort telle que nous la considérons n'est qu'un changement de forme, le passage d'un statut à un autre. Alors pourquoi s'en faire ? Nous reviendrons...
Et puis accepter les évènements de nos vies avec la conviction que rien de ce qui arrive n'est contre nature, étranger à l'homme. L'homme est par définition, pour les stoïciens, un être social, et tout ce qui nous arrive est dans l'ordre des choses. Si cela arrive, c'est que cela existe, et que cela peut nous arriver. Alors il nous faut trouver ce que cela nous apprend, et voir qu'il n'y avait en fait rien d'étonnant à ce que cela arrive !

 

Un ouvrage indispensable à plusieurs titres : se rapprocher des philosophies antiques qui se rapprochent par un certain nombre de points communs, s'exercer à la philosophie pour vivre plus en harmonie, chaque jour, avec soi-même, les autres, et tous les êtres vivants ; tenter de comprendre le mystère des choses...

 

Un exercice intellectuel et spirituel qui tend à trouver notre propre voie, une ligne directrice à suivre, juste et altruiste, menant à un état d'esprit plus serein, plus en phase avec notre nature profonde.

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 22:58
Manger est indispensable à notre survie. Nourrir l'esprit aussi !
Sur cette page, vous trouverez des conseils de lecture, des réflexions très très très philosophiques, voire même spirituelles, des citations venues d'un autre monde, des envolées lyriques, bref des folies poétiques, histoire de cogiter, méditer, contempler, s'émerveiller... Tout commence par cela.
Ne jamais oublier que le corps et l'esprit ne font qu'un, bien s'alimenter permet au cerveau de bien fonctionner, apporter de la substance méditative à l'esprit lui offre de trouver la paix intérieure, et la joie.
Pour illustrer cette idée, voici un petit proverbe indien :

" Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie d'y rester"

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 22:54
Commençons à nourrir notre esprit avec ce petit extrait de Marc-Aurèle dans ses Pensées pour moi-même :

 "Le temps de la vie de l'homme, un instant ; sa substance, fluente ; ses sensations, indistinctes ; l'assemblage de tout son corps, une facile décomposition ; son âme, un tourbillon ; son destin, difficilement conjecturable ; sa renommée, une vague opinion. Pour le dire en un mot, tout ce qui est de son corps est eau courante ; tout ce qui est de son âme, songe et fumée. Sa vie est une guerre, un séjour sur une terre étrangère ; sa renommée posthume, un oubli. Qu'est-ce donc qui peut nous guider ? Une seule et unique chose : la philosophie. Et la philosophie consiste en ceci : à veiller à ce que le génie qui est en nous reste sans outrage et sans dommage, et soit au-dessus des plaisirs et des peines ; à ce qu'il ne fasse rien au hasard, ni par mensonge ni par faux-semblant ; à ce qu'il ne s'attache point à ce que les autres font ou ne font pas. Et, en outre, à accepter ce qui arrive et ce qui lui est dévolu, comme venant de là même d'où lui-même est venu. Et surtout, attendre la mort avec une âme sereine sans y voir autre chose que la dissolution des éléments dont est composé chaque être vivant."
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