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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 21:19

Alors que Marine exulte de sa victoire et que le monde entier a les yeux braqués sur celle qui bouscule la bienséance française, je réfléchis à quelques-un de ses mots.

Tous cherchent les causes de ce verdict funeste ; les conséquences sont tsunamiques (je sais, ne cherchez pas dans Mr-je-sais-tout, le dictionnaire, ce mot n'existe pas !) ; les politiciens (du grec ancien, politique : s'occuper des affaires de la Cité) s'occupent de tout, sauf de nos affaires. Qui écrasera qui, qui sera à la tête d'un pitoyable pouvoir, qui aura la lourde tache de ramener les Français à la raison. La guerre est déclarée, le coup d'état guette.

 

Moi, donc, je réfléchis à la Marine jouissant sur scène, et à ses remerciements au peuple. Le peuple français a dit « NON », le peuple français en a assez, il étouffe, il expire. Trop d'impôts, trop d'immigrants, trop d'insécurité, trop d'injustices. TROP TROP TROP.

 

Vous avez ouvert les oreilles j'imagine ? Le discours est le même depuis que Sir Le Père a accouché d'une nouvelle branche politique Anti-Tout.

 

Mais dans la famille, se sont-ils interrogés sur la notion de peuple ?

Sur le site du CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) que j'utilise obsessionnellement pour connaître le sens, l'histoire d'un mot, on nous indique que l'origine latine populus est clairement traduite par «peuple, ensemble des habitants d'un État constitué ou d'une ville». Plus tard, en 842, le mot ancien poblo est expliqué ainsi : «ensemble d'hommes qui habitent un même pays et ont en général des institutions communes; ensemble des sujets vis-à-vis de souverains», définition apportée dans Les Serments de Strasbourg. Les tentatives de définition plus tardives reviendront toujours à cette idée initiale.

 

Bien bien bien. Vous voyez le problème, j'imagine ?


Alors bien sûr, je ne m'épanche pas sur la gestion économique et sociale. D'abord, parce que je ne suis pas spécialiste. Ensuite parce que je sais que tout est possible : il suffit simplement d'y croire et de se donner les moyens de pouvoir, d'agir.


D'après les définitions qui précèdent, on comprend que la question de peuple, finalement, prend seulement en compte les habitants d'une nation, soumis aux mêmes lois. La question même de nationalité n'est pas soulevée ! Le peuple français, ce ne serait donc pas l'ensemble des personnes de nationalité française, mais l'ensemble de ceux qui vivent sur le sol français.

Alors j'aimerais demander à tous les votants d'extrême-droite, et au parti lui-même, les conditions pour appartenir au peuple français ? Faut-il dresser une liste précise de critères ? Lesquels ? Qui a le droit d'être Français ? Qui doit tourner les talons ? Etre blanc ? Etre chrétien ? Etre hétéro ? Blond ? De famille respectable ? De sang pur ? Avoir un emploi stable ? …...............................

Ca me rappelle vaguement quelque chose cette histoire-là.

 

Si on nous assomme la belle idée immigrante d'Afrique (du Nord, Noire...), d'Asie, d'Europe de l'Est, réfléchissez un instant à tous ces bons petits Français « d'avant l'immigration » (vous comprenez combien cette idée est fausse et péjorative !). Réfléchissez à notre chauvinisme Normand, Breton, Parisien, Marseillais, Chtis, Basque, Corse... La France n'a-t-elle pas déjà mille couleurs, mille saveurs, mille odeurs, mille patois, mille traditions...? Nous sommes déjà tous différents, voisins régionaux.

Nous-mêmes, Français, et les touristes, ne clamons-nous pas tous que la France est un pays extraordinaire parce qu'à mille facettes ? Du Nord au Sud, voyagez en France ! Et vibrez de ses musiques anciennes, de ses champs de lavande, de ses reliefs meurtris, des sommets qui se dressent vers le monde.

La France, ni trop au Nord, ni trop au Sud. Croisement des cultures. Rencontre des soleils.

 

Je m'emballe et m'enflamme pour ce si beau pays qui sombre pourtant.

N'oubliez pas qu'un peuple n'est pas l'assemblage de clones, de lapins crétins, de troupeaux de moutons qui suivent tête baissée son berger.

Un peuple est un arc-en-ciel. Un peuple riche et puissant est un peuple qui se rapproche le plus du Monde qui l'accueille. Ce qui nous sépare n'est qu'une frontière dessinée sur un planisphère. Un peuple est le mariage d'êtres humains différents. La différence mène à la tolérance, au respect, à l'échange, à l'écoute, au partage. Par conséquent, au savoir.

 

Ainsi, apprendre à regarder l'Autre comme cet autre Moi, celui que je ne serai jamais, et qui pourtant est comme moi.

 

Ce que tu condamnes en l'Autre, c'est ce que tu condamnes en toi-même. Parce que l'Autre, c'est Toi.

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Published by pause café - dans C'est à la Une
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